Savoure
Tant qu'il est temps
Il n'y a bientôt plus que lui
Au chevet de ton lit
Alors, à l'orée de ta vie
Les vanités s'évanouissant
Les identités s'effilochant
Seul, face à toi-même
Voilà que tu vois le voile
Voilà que tu devines la voie
Qui te sépare de ton origine
Par delà la matière
Cette lueur singulière
Vaporeuse opalescence
Par delà les apparences
Malgré les ombres mutines
Les forces obscures
Les images qui s'agglutinent
Tous ces personnages s'interposant
Ta conscience s'évanouissant
Ta conscience s'évanouissant
Toi, tantôt monstrueux, tantôt bienfaisant
Piétinant tous les stratagèmes
Ces visages connus et inconnus
Ces mirages, ces gageures
Tu voudrais te dépouiller de ton existence
Déposer ton corps de souffrance
Abdiquer ta mythologie personnelle
Pour achever ta quête spirituelle
Endosser ton corps de gloire
Et enfin clore l'histoire
Toi, te déshabillant de toi-même
Couche après couche de réalité
Des squames par monceaux entiers
Mais dans quelle vie t'es-tu donc fourré
Pour être à ce point opaque à la lumière
À ce point empétré dans la matière ?
Il te suffit d'accepter ta transparence
D'accomplir ta métamorphose
De reconnaître ton innocence
De te laisser aller à l'évidence
Renaître avec apothéose
Puisque telle est ta volonté
Pardon, telle est ta résistance
Plutôt que de tourner en rond
À croire que tu vis encore
Alors que tu es déjà mort
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